Pages

mercredi 29 avril 2015

Diner de gala du 75e anniversaire des CVAV: Une soirée d’hommages


CVAV du Sénégal

Les CVAV ont, laissé de côté foulards et tenues pour se parer de leurs plus beaux atours. 75 ans, ça se fête. Le diner de gala des Cœurs Vaillants Ames Vaillantes (C.VA.V) a vécu. 

Il s’est déroulé dans la cour glamour du Cours Sainte Marie de Hann. Ceux qui ont marqué de leur empreinte le mouvement, ont été décorés : les anciens présidents, les aumôniers (parmi lesquels le Frère Augustin Diouf), les sœurs de la congrégation  des sœurs de Saint Joseph de Cluny, la fondation Konrad Adenauer, entre autres. Ils ont, tour à tour reçus, une plaque portant l’inscription « Le mouvement CVAV vous est reconnaissant. Vous êtes notre fierté ». 

François Désiré Ndione a, à l’entame de son propos lancé, le cri du mouvement « (ô les cœurs, vaillants) 2fois ; tous unis, tous frères, à cœurs vaillants, rien d’impossible et ô les âmes vaillantes, pour les filles. Il a ensuite rendu hommage au regretté François Bopp. L’ouverture de l’année jubilaire, s’est déroulée en Septembre dernier, à Ziguinchor et le pèlerinage qui avait comme thème « Sur les pas de nos aînés » à Fadiouth a-t-il rappelé. 

Il a aussi demandé aux plus jeunes, de s’inspirer des anciens et de ne pas vendanger leur héritage, parce que, comme le fait remarquer le poète Jean de la Fontaine, un trésor est bien caché dedans. Donc, creusez, fouillez, bêchez, ne laissez nulle place où la main ne passe et repasse. A ce prix, vous vous montrerez dignes d’être appelés héritiers, a-t-il conclu. L’orchestre de Salsa, Benji Quarte, a agrémenté la soirée de suites de sons agréables. Même si, la foule, très timide, ne les a pas beaucoup applaudis. 

Monsieur Célestin, représentant du ministère de la Jeunesse, de l’emploi et de la construction citoyenne, a donné rendez-vous aux CVAV pour leurs 100 ans. Enfin, le public s’est bien marré des contes de Chef Pascal, présentateur du jour. En attendant la prochaine activité, disons en chœur : CVAV un jour, CVAV pour toujours.   

mardi 28 avril 2015

AUDIO: Reportage sur le match entre cestiens et nouveaux au véto

AUDIO: Portrait de Ibrahima Bâ

Cérémonie d’ouverture- Journée d’intégration Cesti 2015: Hommage au parrain Oumar Diagne



L’objectif de cette journée est de briser les barrières, et de renforcer la symbiose culturelle, ciment de notre tissu social. Oumar Diagne, professeur titulaire des universités, socio-anthropologue directeur du Cesti de 1996 à 2005. 

La femme du parrain, Gnagna Sidibé a grandement participé à la parution du livre de son mari, à titre posthume. Ses efforts n’ont pas été vains. Tous les phénomènes sociaux l’intéressaient. Ernest « Tous les cycles des nations sont les feuillets d’un même livre ». Sa disparition a été durement vécue. Souleymane Touré, étudiant en 3e année au Cesti, option télévision a réalisé un documentaire poignant sur sa vie et son œuvre. 
Oumar a représenté ce qu’il y a de plus illustre dans la communauté universitaire. Il a permis a au Cesti de garder la tête haute, quand a cessé la coopération avec le Canada. Il y a un déficit énorme dans la qualité des débats en Afrique. 

Le    Cesti doit continuer d’être un creuset d’échanges de l’élite intellectuelle africaine. N’Y a pas de commerce intellectuel sans presse parce que le journaliste est un support. L’Afrique doit relever le défi de la domination occidentale, qui profite de la faiblesse de l’Afrique pour se développer. Lisons la tragédie du roi Christophe d’Aimé Césaire, qui est plein d’enseignements. Oumar Diagne : un homme noble, de finesse et de culture.

 Ibrahima Ndoye, conseiller spécial du président de la république Macky Sall, dit avoir reçu le meilleur compliment de lui, un jour dans la cour du Cesti « Je vous aime, parce que vous n’êtes pas méchant. Vous êtes mon fils spirituel ». Trois sortes de harcèlements selon Oumar : le harcèlement primitif, le harcèlement diplomatique et le harcèlement paradoxal.
 Ne vous limitez pas à ce que vous avez, renouvelez vos connaissances en permanence, aimait-il rappeler. La plupart de ses amis d’enfance sont aujourd’hui cadres de la République : Hadjibou Soumaré, Oumar Sankharé, l’actuel président, Macky Sall entre autres. La troupe théâtrale Toc Toc a gratifié le public d’un spectacle oral inspiré du livre d’Oumar Sankharé, ami d’enfance du défunt, l’Etat d’urgence. « Le peuple n’est nulle part, il est là où son ventre se trouve ». Ibrahima Sarr, actuel directeur du Cesti : « C’était un universitaire brillant et un homme accompli. Je l’ai connu en Octobre 1993, après mon admission au Cesti. C’est lui qui m’a pris du Soleil, pour m’emmener au Cesti en 2004.
 Je lui dois une énorme dette, que je ne pourrais jamais payer. Il avait une profonde connaissance des médias, inter discipline, et évoluait avec facilité dans les sciences de l’information et de la communication. Pour clore la cérémonie, une image à l’effigie du parrain a été remise à sa veuve, Gnagna Sidibé. Un cocktail et une visite des locaux du Cesti est prévu pour les invités.

mercredi 18 mars 2015

L’occupation anarchique des ferrailleurs à Keur Massar: Quand le capital entrave le culte






Ferrailleur à Keur Massar
Les ferrailleurs installés à l’arrière de l’Eglise Saint François d’Assise de Keur Massar ne font pas bon ménage avec les paroissiens. Ces derniers se disent dérangés dans leurs célébrations eucharistiques par des bruits de toutes sortes. Les accusés reconnaissent leur tort mais n’ont pas d’endroit où aller.


D’un côté, il y a un grand hangar dominé par un rouge rutilant, de l’autre côté, un pâté de maisons inachevées, entre les deux se trouve ‘’la rue des ferrailleurs’’ battue par les premiers vents de l’hiver. En ce début d’après-midi ensoleillé, le bruit des marteaux et des conversations ininterrompues animent ce coin en bric-à-brac. 

 Des moteurs de voitures, des débris de réfrigérateurs et d’autres gadgets en fer décorent les cantines qui longent cette ruelle. Adossé sur une porte métallique, le visage émacié et raviné visiblement lassé par une demi-journée de dur labeur,  Aliou Niang, 41 ans est le pionnier du site. Conscient du fait que les ferrailleurs contribuent à l’occupation anarchique de cette ruelle de la cité Caritas, il se désole de ne pouvoir se passer de son gagne pain.’’ Je tire l’essentiel de mes revenus de la ferraille. Nulle autre alternative ne s’offre à moi ‘’ confie-t-il.

 En cette après midi frisquette, l’activité est à son comble. Par moments, des combats de lutte très disputés s’improvisent entre les ferrailleurs et se terminent par des rigolades. Des marchands ambulants aussi y  écoulent leurs produits. 

Vêtu d’un tee-shirt noir assorti d’un Jacket militaire maculé, kaki marron et une sacoche usée en bandoulière, Aly Fall abonde dans le sens de son collègue ‘’A part quelques écueils, nous avons de très bonnes relations avec les habitants. Cependant, il faut une bonne organisation pour travailler dans les meilleurs conditions’’, explique t-il sans ciller.

Transit La nature du sol est visiblement métamorphosée sous l’effet conjugué de l’huile et d’autres produits.  Ce ferrailleur chevronné souhaitant garder l’anonymat estime qu’il n’a pas de soucis à se faire. ‘’J’ai un titre foncier, j’ai acheté ce terrain et je l’ai transformé en dépôt de ferraille’’, manifeste t-il sur un ton ferme. Malgré les alertes administratives de la mairie, il reste serein sur toutes éventuelles disputes. ‘’ On m’a envoyé deux sommations. Mais c’est juste pour me mettre la pression’’.

Dans cette coursive bohème, de  nombreux jeunes  se démènent comme de beaux diables pour leur boulot, un groupe d’enfants massé sous un hangar en zinc grelottant de froid attire les regards. Ce sont des mendiants et ils travaillent déjà dans la ferraille. Le corps chétif et habillé en loques, Mamadou Diallo ignore son âge : « Chaque matin, je vais très tôt dans la forêt chercher de la ferraille. Je revends le kilo à 50f. Notre marabout nous demande de lui verser chaque jour  500f ».

Sous l’odeur nauséabonde des urines, les charretiers chargent et déchargent énergiquement la ferraille. Un véritable lieu de transit. Les salamalecs et autres jacasseries ne semblent point déranger leur manœuvre. Sous le regard inquisiteur des passants, les tenants de ces négoces marchandent les articles venant de Keur Massar village.

La coupe est pleine Pour certains habitants, la coupe est pleine. La libre circulation est difficile et l’insécurité menacée. Ils  ont adressé une litanie de complaintes aux autorités pour se débarrasser de cet encombrement occasionnant des pollutions sonores discontinues.

 Monsieur Diagne, vit depuis six ans dans ce quartier. Dans son imposante silhouette, la barbe fournie, 70 ans, il cohabite avec les ferrailleurs depuis 5 ans. « Leur présence est dérangeante. Il ne se passe un jour sans histoire. Du matin au soir, ce sont des bruits incessants. Il y a parmi eux des fumeurs de cigarette et de chanvre indien. Nous sentons le gasoil et le diluant. Je me désole du fait que les fidèles catholiques ne puissent passer par la porte arrière de l’église. En tant que musulman, j’ai honte.  J’ai déjà écrit des correspondances aux autorités compétentes. Ils quitteront un jour ou l’autre que ce soit avec cette équipe municipale ou pas », clame t-il.

Pourtant, Modou Gueye, ferrailleur âgé de 50 ans  évoque la gentillesse de la communauté chrétienne pour justifier la présence des ferrailleurs sur les lieux : « Les chrétiens ont un sens élevé de l’humanisme. C’est pourquoi ils acceptent de nous laisser travailler ici. Nous n’osons pas nous installer près d’une mosquée, mais nous avons rendu l’endroit propre.» soutient-il avachi dans le siège démonté d’une voiture.

Le curé de la paroisse saint François d’Assise de Keur Massar, Abbé Edouard Sarr, sur un ton révérencieux, soutient avoir déposé une plainte au niveau de l’édile  de la commune pour exiger leur départ. « A cause de l’occupation des ferrailleurs, la porte arrière est bloquée par des tuyaux, des rouleaux, des regards pour fosse et cetera. Ce qui oblige les fidèles à faire un grand tour jusqu’à la porte principale. C’est inadmissible.», murmure-t-il un tantinet nerveux.